Une commission propose de fusionner différentes prestations sociales. Une réforme herculéenne approuvée largement. En revanche, diverses propositions à droite et dans les milieux économiques créent la polémique comme des critiques contre les Allemands qui ne travailleraient pas assez.
L’institut de conjoncture IFO a comptabilisé plus de 500 prestations sociales en Allemagne, rien qu’au niveau fédéral. Difficile pour les bénéficaires potentiels de s’y retrouver. Il leur faut souvent remplir plusieurs fois des dossiers avec des données de base dont disposent d’autres administrations. Obtenir une nouvelle prestation peut conduire à une baisse d’un autre avantage que l’on perçoit déjà. Face à ce labyrinthe bureaucratique kafkaïen, beaucoup ne connaissent pas leurs droits ou y renoncent volontairement.
L’Allemagne veut modifier en profondeur et simplifier des piliers centraux de son modèle social. Une commission a remis ses conclusions il y a quelques jours. La ministre du Travail, la sociale-démocrate Bärbel Bas, les a saluées et promis que la réforme envisagée ne conduirait pas à une réduction des prestations sociales pour les bénéficiaires.
La boutique réforme de Bärbel (la ministre des Affaires sociales à droite). La cliente essaie le modèle “réforme de l’Etat social”. Bärbel Bas commente : “ça vous amincit vraiment”
Le futur système de revenu minimum garanti devrait être fusionné avec l’allocation logement et la prime pour enfants en une seule aide. Deux administrations à l’avenir géreront les prestations au lieu de quatre aujourd’hui, l’une pour les actifs, l’autre pour les non-actifs. Une infrastructure numérique pour la gestion de l’ensemble des prestations doit être mise en place.
La commission propose que le gouvernement travaille dans les six mois qui viennent à la mise en place de ce projet d’envergure afin que le processus législatif soit parachevé d’ici fin 2027. Une réforme de la constitution est nécessaire. Cela implique pour la coalition actuelle entre chrétiens et sociaux-démocrates de convaincre d’autres partis pour atteindre la nécessaire majorité des deux tiers au Bundestag. Personne ne souhaitant que les voix du parti d’extrême-droite AfD ne soient décisives, des discussions seront à mener (et des compromis à atteindre) avec les écologistes et le parti de gauche Die Linke.
Cette réforme fait plutôt consensus même si à gauche des voix critiques dénoncent le risque qu’au passage le projet conduise à une réduction des prestations. D’autres déclarations et propositions en revanche créent des polémiques. Elles ont pour but de rendre le marché du travail plus flexible et critiquent des dispositifs qui réduiraient la productivité d’une économie en difficulté. Une petite musique de fond en exaspère beaucoup : les Allemands s’intéresseraient d’abord à leur “Work-Life-Balance”, privilégiant d’abord leur épanouissement personnel et non leur engagement professionnel; pour faire plus trivial, beaucoup seraient des fainéants alors que la conjoncture maussade a besoin de salariés qui retroussent leurs manches.
Sur la banderolle de la ministre de l’Economie Katherina Reiche et de Friedrich Merz, on peut lire : “Supprimer les pauses café, les pauses déjeuner et les pauses pipi”. Le chancelier ajoute : “Enfin travailler !”
Friedrich Merz a provoqué une polémique en critiquant le niveau excessif des arrêts maladie dont ses concitoyens abuseraient. Le chancelier a parlé de l’équivalent de trois semaines d’absence par salarié et par an et estimé que la possibilité de se faire porter pâle par téléphone devait cesser. Cette option introduite durant la pandémie de Covid permet de contacter son généraliste qui peut prescrire un arrêt de travail de trois jours maximum sans que le patient ait à se rendre au cabinet du médecin traitant.
Les statistiques montrent en effet une augmentation des arrêts maladie ces dernières années. Une comparaison internationale souligne également qu’ils sont plus élevés en Allemagne que dans d’autres pays européens. Mais ces chiffres s’expliquent-ils uniquement par des abus, notamment par la possibilité d’obtenir un arrêt maladie par téléphone? Les statistiques montrent que cette option n’est que marginalement responsable des arrêts maladie. Les fédérations de médecins approuvent l’existence de cette possibilité pour les salariés et rejettent l’affirmation selon laquelle elle conduirait à des abus. Les praticiens saluent l’utilité d’une procédure qui réduit la bureaucratie, fait gagner du temps aux cabinets médicaux et réduit les risques de contaminations dans les salles d’attente.
Autre proposition qui suscite des polémiques, une réforme du travail à temps partiel poussée par les chrétiens-démocrates. Réduire cette option pour les salariés profiterait à la productivité des entreprises et de l’économie. Cela permettrait également de réduire les problèmes du pays qui manque de main d’oeuvre. L’aile économique de la CDU a proposé de réduire les raisons permettant aux salairiés de recourir au travail à temps partiel. Des propositions dénoncées par le SPD, partenaire au gouvernement des chrétiens-démocrates, mais aussi, par exemple, par la patronne du syndicat IG Metall. Au sein même de la CDU, des responsables ont dénoncé des propositions coercitives et un texte qui voulait suggérer en substance que les Allemands voulaient d’abord se la couler douce.
Le recours au temps partiel a sensiblement augmenté. 40% des salariés en bénéficait au printemps 2025 soit 17 millions de personnes. Cette option concerne avant tout les femmes ce qui s’explique par les difficultés qui restent importantes pour elles de concilier vie familiale et travail à plein temps. Les rythmes scolaires comme le manque de crèches expliquent ce phénomène. En 2024, la moitié des femmes travaillaient à temps partiel contre 13% des hommes. Sept Allemands sur dix rejettent une limitation du droit au temps partiel. Une personne sur cinq seulement approuve une telle restriction.
Autre sujet qui fâche, le passage d'une durée maximale journalière de travail stricte (huit heures) à une limite hebdomadaire plus flexible. Cette réforme figure au menu du contrat de coalition entre CDU et SPD. Elle doit profiter aux entreprises confrontées par exemple à des commandes urgentes afin de leur éviter de payer immédiatement leurs salairés en heures supplémentaires plus onéreuses. Ces derniers gagnent aussi en flexibilité pour gérer leur temps de travail. Le patronat est favorable à cette réforme. Les syndicats la rejettent avec véhémence. “Une proposition misérable et irrespectueuse pour les salariés” pour la présidente de la puissante confédération des syndicats, le DGB. Un projet de loi doit être déposé avant l’été. Les débats au parlement et à l’extérieur du Bundestag promettent d’être houleux. Les Allemands sont partagés : d’après un sondage pour “Bild am Sonntag”, 41% rejettent une telle réforme; 37% l’approuvent. Six personnes sur dix refusent de travailler plus pour soutenir l’économie; un quart serait prêt à le faire.
Dernier épisode de ce feuilleton hivernal : avant le congrès de la CDU dans trois semaines à Stuttgart, et en amont d’élections régionales, l’aile business du parti fait feu de tout bois. Le conseil économique du mouvement chrétien-démocrate vient de proposer (entre autres) que les soins dentaires soient entièrement à la charge des patients et que l’âge légal de départ à la retraite de 67 ans soit revu à la hausse. Le président de l’aile sociale du parti rejette des propositions qui risquent pour lui de nuire à la CDU.
l’économie allemande a renoué l’an dernier avec la croissance même si +0,2% reste un résultat très symbolique. Le rapport de la ministre de l’Economie pour 2026 a rafraîchi les esprits car Katherina Reiche a revu à la baisse la semaine dernière ses prévisions pour les prochains mois. La chrétienne-démocrae table désormais sur une hausse du produit intérieur brut de 1% au lieu de 1,3% il y a quelques mois. Ce nouveau pronostic rejoint celui formulé par différents experts et institutions. Le moteur de la croissance reste avant tout alimenté par le programme massif de dépenses publiques décidé par le gouvernement Merz. Les milieux économiques font de plus en plus pression sur le chancelier pour obtenir des réformes structurelles : baisse des impôts, des charges sociales, de la bureaucratie…
”Vous voyez un signe positif Madame Reiche?” (la ministre de l’Economie)
“Oui le clignotant fonctionne” (Wirtschaft : Economie)
L’Allemagne est depuis plusieurs années la lanterne rouge parmi les pays développés en terme de croissance. De 2019 (l’année de référence avant le début de la pandémie de Covid) jusqu’à l’an dernier, l’augmentation du PIB en termes réels a été de… 0,3% contre 5% pour la France et 6,3% en moyenne dans la zone Euro. (Chine +33%; USA +15%).
Le programme annoncé devrait permettre avec trois milliards d’Euros de subventionner l’achat de 800 000 véhicules d’ici 2029 d’après le ministère de l’Environnement. Les voitures électriques bénéficieront d’une aide d’au moins 3000 Euros. La prime de base pour les véhicules hybrides rechargeables et les voitures électriques avec prolongateur d’autonomie sera de 1500 Euros.
Ces primes pourront être plus élevés en fonction de critères sociaux à remplir. Une famille avec deux enfants pourra toucher 5000 Euros. Tous les ménages dont le revenu imposable ne dépasse pas 80 000 Euros par an pourront bénéficier de ces primes. Les plus modestes (moins de 60 000 Euros) pourront toucher 1000 Euros supplémentaires. La subvention maximale pour un foyer peut donc atteindre 6000 Euros.
Le gouvernement Scholz avait subitement mis fin à un précédent programme de primes en 2023, décision très critiquée et qui avait nuit aux ventes de véhicules électriques. Les ONG de défense de l’Environnement critiquent le fait que les véhicules hybrides au bilan carbone moins favorable bénéficient de ces nouvelles primes.
Cette réforme s’explique avant tout par la réduction sensible des moyens publics. Le ministère de la Coopération économique et du Développement disposera cette année d’un peu plus de dix milliards d’Euros contre près de 14 milliards il y a encore quatre ans. Le plan de l’actuelle ministre, la sociale-démocrate Reem Alabali Radovan, a pour objectif de concentrer les efforts pour lutter avant tout contre la faim et la pauvreté. Berlin veut aussi se concentrer davantage sur les pays qui sont de première importance pour l’Allemagne : le flanc oriental de l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, le Sahel et la corne de l’Afrique.
Des accents nouveaux se font entendre dans la rhétorique diplomatique de Berlin. Le nouveau chancelier est très présent sur la scène internationale. Friedrich Merz veut que l’Europe pratique une politique de puissance pour s’affirmer face à des acteurs de poids comme les Etats-Unis et la Chine. Cette stratégie pour l’Europe est d’autant plus nécessaire que les relations transatlantiques battent de l’aile. Ces dernières ont toujours été essentielles pour Friedrich Merz. La transition, pour lui comme pour beaucoup d’Allemands, est donc douloureuse. Dans un discours jeudi dernier au Bundestag, le chancelier a déclaré : “L’Europe constitue une alternative à l’impérialisme et à l’autocratie”. Friedrich Merz n’a pas précisé à qui il pensait mais l’allusion à Donald Trump, entre autres, s’imposait. On a pourtant vu dans la crise du Groenland que Berlin privilégier des accents moins guerriers à l’égard de Washington que Paris. A Davos, Trump a eu des mots “doux” pour Merz avant de se moquer d’Emmanuel Macron.
Groenland “Les Français ont ouvert un consulat et l’Allemagne soutient la présence militaire danoise avec son infrastructure”
Les tonalités différentes entre Berlin et Paris face à Washington ne sont qu’un exemple des positionnements non alignés entre la France et l’Allemagne sur plusieurs dossiers. Il y a de façon structurelle des inquiétudes côté français alors que Berlin s’affirme de plus en plus comme un acteur dominant en Europe. Une position paradoxale tant la France a longtemps regretté que l’Allemagne n’en fasse pas assez. Sur le plan militaire, le “quoi qu’il en coûte de Berlin” avec la volonté d’avoir à terme l’armée conventionnelle européenne la plus importante fait de l’ombre au rôle militaire traditionnel de Paris. Sans oublier que la France est confrontée à un endettement toujours plus paralysant. A Berlin, on s’irrite des blocages sur le projet d’avion du futur ou de l’opposition de Paris sur le Mercosur que l’Allemagne salue de longue date.
Les consultations germano-italiennenes à Rome auxquelles Friedrich Merz et la moitié de son gouvernement ont participé ont nourri ici les spéculations sur un nouvel axe Berlin-Rome au détriment de l’éternelle amitié franco-allemande. “Macron c’était hier; Merz mise sur Meloni” a ainsi titré le quotidien “Süddeutsche Zeitung” de Munich. Les deux dirigeants allemand et italien se retrouvent sur la façon de “gérer” Donald Trump, les questions de concurrence, le Mercosur. Rome dispose par ailleurs d’un gouvernement stable doté d’une majorité ce qu’on ne peut pas vraiment dire de Paris…
”Merz échange Macron contre Meloni” “Bild Zeitung”
Mais l’histoire montre que ces infidélités, de Paris ou de Berlin, n’ont jamais pu remplacer la coopération franco-allemande malgré des positions parfois divergentes. Bien sûr, elle peut moins que jamais être solitaire mais elle demeure indispensable en Europe.
Quelques jours après cette “lune de miel” romaine, Emmanuel Macron est revenu en force sur le devant de la scène en Allemagne (comme ailleurs). Sa prestation à Davos et le buzz auquel elle a donné lieu sur les réseaux sociaux ont été énormes. On a aussi vu beaucoup de memes version germanique sur le président français et une pub du loueur de voitures Sixt qui ne manque jamais d’utiliser des événements politiques marquants.
”Visitez les montagnes avec style. Arrivez à destination comme si vous étiez propriétaire avec une BMW X7 pour juste 147 Euros par jour”
En fin de semaine, le ministère des Affaires étrangères a publié sur les réseaux sociaux une vidéo pro-européenne virale dans laquelle Emmanuel Macron, for sure, joue un rôle central :
https://www.instagram.com/p/DUGW47KjDtY/
Les percées régionales du nouveau mouvement populiste de gauche BSW en 2024 avait permis à cette nouvelle force d’accéder rapidement au pouvoir. Dans le Brandebourg, l’Alliance Sahra Wagenknecht avait obtenu 13,5% aux élections de septembre 2024 et formait depuis une coalition avec le SPD qui gouverne ce Land qui entoure Berlin sans discontinuer depuis la réunification.
En bas du tableau les résultats des élections de 2024. L’AfD arrive en tête dans ce sondage de la mi-janvier devant le SPD. Le BSW recule sensiblement.
Après un an de “désaccords constants”, le ministre-président de la région, le social-démocrate Dietmar Woidke a décidé début janvier de mettre fin à sa coalition baroque. Des élus BSW ont quitté leur parti. Le renfort en sièges pour les sociaux-démocrates permet désormais à une alliance entre ces derniers et la CDU d’avoir une majorité au parlement régional. Un gouvernement entre ces deux forces devrait voir le jour dans les prochaines semaines. Le parti d’extrême-droite AfD a réclamé en vain des élections anticipées dont il profiterait mais cette demande a été refusée bien que les deux tiers des électeurs approuvent une telle option.
On vote en septembre dans cette autre région de l’Est du pays où l’AfD est aux portes du pouvoir (sondage ci-dessous). Le parti d’extrême-droite est crédité de 39%. L’arithmétique électorale place l’AfD dans cette région à un doigt de la majorité en sièges ce qui constituerait un tremblement de terre dans un pays encore marqué par l’héritage du régime nazi.
Les chrétiens-démocrates qui dirigent la région depuis un quart de siècle sont sur la défensive et viennent avant terme de changer le titulaire du poste en espérant que cela permettra au nouveau ministre-président de remonter la pente d’ici les élections de septembre.
Le sortant Rainer Haseloff qui devait occuper son poste jusqu’au scrutin vient de se retirer avant terme. Celui qui avait déclaré il y a quelques semaines qu’il quitterait sa région natale en cas de victoire de l’AfD cède la place à son dauphin. « Sven Schulze sur un bateau qui coule » commentait la semaine dernière sans nuance le quotidien conservateur « Frankfurter Allgemeine » pour évoquer la difficile mission du nouveau patron de la Saxe-Anhalt. L’ex-ministre de l’Economie devient à 46 ans le patron de région le plus jeune du pays. Mais il doit affronter une star de l’AfD, Ulrich Siegmund, de dix ans son cadet. Avec son profil de gendre idéal toujours souriant, la tête de lice du parti d’extrême-droite est la coqueluche des réseaux sociaux avec un million d’abonnés au total sur TikTok et Instagram.
L’AfD dans cette région doit adopter au printemps un programme qui promet un grand soir nationaliste. Le texte est plus radical que ce que propose le parti au niveau fédéral et évoque un changement de société : la “remigration” (l’expulsion des étrangers), la défense de la famille traditionnelle, celle des valeurs identitaires avec des mesures pour les écoles, la culture ou encore la langue. Sur l’histoire, le programme prône une “identité détendue et sereine” et la fin du mea culpa d’après-guerre.
Mais l’AfD a du linge sale à laver en famille qui pourrait le cas échéant venir troubler la campagne électorale. Le secrétaire général du parti dans cette fédération a été remercié mais il n’entend pas se retirer discrètement. Il annonce des révélations sur des pratiques disons imaginatives de certains élus AfD dans la gestion des deniers publics.
Dans cette région, une coalition “baroque” baptisée “mûre” est au pouvoir faute d’alternative. Le chrétien-démocrate Mario Voigt dirige la région aux côtés des sociaux-démocrates et du parti BSW. Au pouvoir depuis l’automne 2024, elle fonctionne sans soubresauts majeurs et a déjà adopté trois budgets.
Mais la décision de l’université de Chemnitz la semaine dernière de priver le ministre-président de son titre de docteur après des accusations de plagiat égratigne la réputation de l’intéressé,même si les passages incriminés ne concernent que 2,5% de la thèse de Mario Voigt consacrée à la campagne présidentielle américaine de 2008.
La capitale allemande traverse un hiver difficile et ses édiles ne font pas bonne figure. Il y a d’abord eu début janvier l’attaque d’un groupe d’extrême-gauche contre des installations électriques qui a provoqué un black out dans le Sud-Ouest de la ville. La gestion de cette crise par le maire a été violemment dénoncée. Un mauvais départ en 2026 pour le chrétien-démocrate Kai Wegner alors que des élections ont lieu en septembre dans la capitale allemande.
L’enquête sur l’attaque contre les infrastructures piétine. Le ministre de l’Intérieur fédéral a décidé de sortir son bazooka en promettant une récompense pouvant aller jusqu’à un million d’Euros aux personnes qui pourraient livrer des informations sur les auteurs de l’attaque du mois dernier. Une somme inédite dans l’histoire allemande d’après-guerre.
Depuis, Berlin traverse une autre crise dont la gestion est tout aussi peu reluisante pour la mairie. Les trottoirs de la ville se sont transformé en une gigantesque patinoire. Les propriétaires des immeubles doivent nettoyer devant chez eux mais beaucoup ignorent cette obligation et les contrôles sont insignifiants. Conséquence : les urgences des hôpitaux ne désemplissent pas. Les pompiers, régulièrement appelés pour secourir des piétons blessés ne savent plus ou donner de la tête.
Face aux critiques qui redoublent, le maire a finalement obtenu que du sel puisse être utlisé (il est interdit en raison des dommages pour l’environnement). Une décision qui arrive bien tard et dont il ne faut pas attendre des miracles vu l’épaisseur et la dureté du verglas. L’impression d’une capitale qui n’a pas la direction qu’elle mérite se renforce un peu plus.
La CDU arrive toujours en tête dans les sondages mais l’écart avec ses concurrents se réduit avant les élections de septembre. Un retour au pouvoir des trois partis de gauche Die Linke, SPD et Verts est possible.
L’arbitre amateur allemand Pascal Kaiser, qui sensibilise à la lutte contre l’homophobie sur les réseaux sociaux, a demandé en mariage son petit ami Moritz devant les 50 000 spectateurs présents dans le stade de Cologne, vendredi soir. Malgré sa popularité sur les réseaux, il a confié avoir appréhendé la réaction du public alors que les problèmes liés à l’homophobie sont légion dans le monde du football. « Tout était là en même temps : la peur, la fierté, un pur bonheur, a-t-il décrit. J’avais vraiment peur d’être hué, ce qui aurait gâché toute la demande. C’est incroyable que le FC Cologne m’ait offert cette tribune et que j’ai ainsi pu envoyer un signal fort pour la visibilité des personnes queer dans le football. Se tenir devant plus de 50 000 personnes qui vous écoutent, c’est surréaliste. J’avais très peur qu’il (son petit ami) dise non. »
La légendaire émission de divertissement de la deuxième chaine publique ZDF sera présentée à partir de décembre par les jumeaux Bill et Tom Kaulitz de Tokyo Hotel. C’est une révolution pour un programme lancé en 1981 et animé dans le passé par des présentateurs moins iconoclastes (et un peu plus âgés…).
C’est donc une cure de rajeunissement que prévoit ZDF pour cette émission (“Voulez-vous parier que…”) constituée notamment d'un mélange de jeux (des téléspectateurs présentent sur scène des paris insolites), de musique avec des artistes célèbres allemands et internationaux et des entretiens.
Roland Theis est élu au Bundestag depuis près d’un an. Ce brillant Franco-Allemand de 45 ans a déjà une longue carrière politique derrière lui comme élu régional du parlement de Sarre, sa région d’origine, à la frontière avec la France. Il a été député durant une quinzaine d’année à Saarbrücken et fut un temps secrétaire d’Etat. L’année dernière, il a débuté une deuxième carrière au niveau national. Il préside au Bundestag le groupe d’amitié France-Allemagne.
Roland Theis a visiblement trouvé le temps d’écrire un premier roman policier et créé le personnage du commissaire Goudeau qui quitte Paris pour le Lot. Le sous-titre du livre est d’ailleurs “Un roman policier culinaire dans le Sud-Ouest de la France”. La gastronomie et la chasse sont deux passions de Roland Theis et de nombreuses pages du livre en portent témoignage. L’auteur connait bien la région où se déroule le roman comme le montrent des photos d’illustration qu’il a lui même prises.
“Silence maudit”, le titre du livre, transporte le lecteur (germanophone pour l’instant) dans cettre France profonde attachante où la bonne chère joue un rôle central mais où des secrets parfois inavouables soudent ou divisent une communauté parfois repliée sur elle même. “Silence maudit” est un livre mille-feuille avec plusieurs entrées qui en font son intérêt : l’opposition entre Paris et “la France profonde”, la vie politique locale et ses notables face à ceux d’en haut, le folklore de la ruralité avec un ses aspects attachants mais d’autres moins comme le repli sur soi ou le rejet de la différence. Le Franco-Allemand Roland Theis qui a grandi aux portes de la Lorraine évoque aussi dans son livre un chapitre douloureux de l’histoire de nos deux pays, celle des “malgré-nous”, ces Français d’Alsace-Lorraine recrutés de force dans l’armée d’occupation nazie durant la seconde guerre mondiale. Si ces derniers se considèrent comme des victimes et demandent réparation, ils ont ailleurs en France longtemps été perçus comme des traitres. Le livre est dédié à la mémoire de ces hommes et de ces femmes.