Merz : un an II plein d'inconnues

Malgré les discordes entre chrétiens et sociaux-démocrates, l'Allemagne demeure un pays plus stable que d'autres. Mais le gouvernement reste impopulaire. Son premier objectif est que la croissance redémarre enfin cette année. Des soubresauts internes ne sont pas exlus alors que le contexte international est plus tourmenté et illisible que jamais.

Lettre d'Allemagne
9 min ⋅ 11/01/2026

Cette nouvelle Lettre d’Allemagne en 2026 va de pair avec un passage en mode payant comme je vous l’avais annoncé.

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Cette nouvelle édition évoque les perspectives politiques, économiques et sociales en Allemagne pour 2026. Au menu également, la politique étrangère avec l’Ukraine et le rôle de Berlin, les relations avec les Etats-Unis, l’approbation de l’accord avec les pays du Mercosur. Nous parlons aussi de l’attentat contre les infrastructures berlinoises avec des coupes d’électricité et/ou de chauffage pour des dizaines de milliers de foyers et la gestion très critiquée du maire de Berlin. Et avec une année électorale très riche, nous évoquons les perspectives pour les différents partis.


71% des Allemands sont mécontents de leur gouvernement; 67% ne sont pas satisfaits du bilan de Friedrich Merz, huit mois après l’élection du nouveau chancelier. Le sondage publié ce dimanche par “Bild am Sonntag” reste déprimant pour la coalition au pouvoir. La même étude d’opinion donne le parti d’extrême-droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) en tête à 26% devant les chrétiens-démocrates à 24% alors qu’une année électorale intense s’annonce avec cinq scrutins régionaux (Bade-Wurtemberg et Rhénanie Palatinat en mars, Saxe-Anhalt, Berlin, et Mecklembourg en septembre) et des municipales dans trois Länder (Bavière, Hesse, Basse-Saxe). Autant de baromètres pour la popularité des responsables régionaux mais qui auront des retombées à Berlin.

”Tout augmente”

Après plusieurs années moroses, l’Allemagne espère enfin renouer cette année avec la croissance pour remonter le moral des troupes. Les pronostics diffèrent mais une hausse de 1% du produit intérieur brut constituerait déjà un changement sensible qu’explique pour partie l’ouverture massive l’an dernier de la manne budgétaire avec un fonds d’investissement pour les infrastructures de 500 milliards d’Euros. De la reprise de la machine économique dépend étroitement la réalisation ou non de projets de la coalition au pouvoir.

Le moral des troupes a bien besoin d’être dopé. 84% des Allemands sont inquiets de la situation de leur pays. Ils ne sont que 13% à être optimistes d’après un sondage ARD à la fin de la semaine. Quatre personnes sur cinq ont une perception négative de la situation économique de leur pays. Les sujets les plus importants pour les personnes interrogées par “Bild Zeitung” sont la réforme des retraites, des logements abordables, la croissance et l’immigration pour ne citer que ceux les plus souvent mentionnés.

Une voyante très appréciée : “En 2026, des réformes intelligentes vont redresser notre pays, une paix durable va être trouvée en Ukraine, Trump quitte le pouvoir et se consacre au golf, vous faites un héritage conséquent, votre club de foot favori monte en…”

2026 sera aussi une année marquée par des réformes attendues de l’Etat providence qui ne seront pas toutes populaires : une commission sur l’avenir du système de retraites doit rendre d’ici juin ses propositions; la réforme déjà votée de l’aide sociale entre en vigueur par étapes dans quelques mois. D’autres projets sont dans les tiroirs.

Nouvelles réformes entrées en vigueur au début de l’année

-Hausse du SMIC horaire qui passe de 12,82 à 13,90 Euros. Dans un an, il sera de 14,60 Euros soit une hausse totale de 13% en un peu plus d’un an. Pour rappel, le SMIC horaire, introduit en 2015, était à l’époque fixé à 8,50 Euros.

-la “retraite active” permet aux personnes qui continuent à travailler de ne pas être imposables jusqu’à hauteur de 2000 Euros par mois. Son objectif est de mobiliser de la main d’oeuvre pour satisfaire les besoins du marché du travail.

Enregistrement des voeux de Friedrich Merz
“Le premier retraité actif prend son service”

-la TVA dans la restauration passe de 19 à 7% : cette mesure voulue par les chrétiens-sociaux bavarois de la CSU est entrée en vigueur au premier janvier. Elle est très critiquée car elle coûte cher et il est peu probable que les consommateurs bénéficient d’une baisse des prix. Cela n’empêche pas pour autant certains d’utiliser ce changement pour leur publicité.

Avec un jeu de mots puisque “Bürgerrecht” signifie en allemand, “droit de l’homme” ou mot à mot “droit du citoyen”.

-le service volontaire : la réforme votée à l’automne prévoit d’ouvrir aux jeunes de 18 ans la possibilité d’effectuer un service militaire d’au moins six mois payé 2600 Euros par mois. L’objectif est de pallier le manque d’effectifs de la Bundeswehr. Les jeunes, garçons et filles, vont recevoir ces jours-ci un questionnaire auxquels seuls les hommes auront l’obligation de répondre. L’armée allemande espère pouvoir recruter 20 000 volontaires dès 2026 puis 40 000 par an dans cinq ans.

Publicité géante de la Bundeswehr sur un immeuble en construction sur Alexanderplatz à Berlin :
“Parce que la paix n’est pas une évidence.
Faire son service militaire. Assurer la paix”

Politique étrangère : l’Allemagne dans l’entre-deux

-la délicate question des troupes allemandes en Ukraine


Le Royaume-Uni et la France sont prêts en cas d’accord de paix à déployer des forces sur le terrain. La question reste des plus sensibles en Allemagne. Friedrich Merz a préféré promettre l’envoi de troupes allemandes sur un territoire voisin de l’OTAN (Pologne, Roumanie, Hongrie…) après un cessez-le-feu. Cette retenue s’explique par les réticences des alliés sociaux-démocrates du chancelier, réservés sur cette question. (l’AfD comme Die Linke refusent par principe toute participation allemande; les Verts y sont favorables). Des contraintes constitutionnelles expliquent aussi cette réserve de Friedrich Merz. La Bundeswehr pour un déploiement sur le sol ukrainien aurait besoin d’un vote du Bundestag. Cette retenue alors que l’Allemagne affiche en permanence sa solidarité avec l’Ukraine est plus difficile à comprendre pour les partenaires étrangers de Berlin. Comment la première puissance européenne pourrait-elle ne pas être présente sur le sol ukrainien comme le promettent Paris et Londres? Une position difficile également à faire entendre à Washington. Mais Friedrich Merz s’est laissé une porte de sortie ouverte en déclarant qu’il ne voulait rien exclure.

-intervention américaine au Vénézuela : une “situation complexe”

La première réaction de Friedrich Merz à l’intervention américaine au Vénézuela traduisait aussi la réserve de Berlin, peu empressé, contrairement à d’autres capitales, de condamner l’enlèvement de Nicolas Maduro. Alors que les négociations sur l’Ukraine se poursuivent, il ne fallait surtout pas irriter Washington. Le chancelier, juriste de formation, sait pertinnement que la décision de Donald Trump ne respectait pas le droit international. Mais Friedrich Merz a préféré laisser à ses alliés sociaux-démocrates comme à l’opposition le soin d’appeler un chat un chat.

”Un pays adulte/L’Allemagne sans l’Amérique-une chance historique”
Le livre fraichement paru du rédacteur en chef adjoint du magazine “Die Zeit” plaide pour la fin de la symbiose transatlantique ancrée dans l’ADN de l’Allemagne (de l’Ouest) depuis la guerre

Les Allemands ont très majoritairement une opinion claire sur le sujet. 72% d’entre eux dénoncent l’opération lancée par les Etats-Unis au Vénézuela. La moitié d’entre eux estime que Friedrich Merz aurait dû clairement condamner l’enlèvement de Maduro. Quatre personnes sur dix comprennent en revanche la retenue du chancelier. L’image des Etats-Unis et de son président touche le fond. 12% des Allemands ont une opinion positive de Donald Trump; 15% considèrent les USA comme un partenaire fiable (78% pour la France; 74% pour le Royaume-Uni).

-L’Allemagne satisfaite de l’accord sur le Mercosur


L’Allemagne est le pays européen qui devrait le plus profiter du compromis trouvé. La première puissance européenne a une économie traditionnellement exportatrice. Et elle dispose de fortes entreprises dans des secteurs qui devraient profiter de ces nouveaux marchés sans droits de douane. Cela vaut pour la machine outils, l’automobile, la chimie ou les produits pharmaceutiques. Pour ces raisons mais aussi par conviction politique, Berlin est traditionnellement favorable au libre-échange.
Cela explique que le gouvernement allemand se soit battu pour que l’accord soit enfin conclu. Le chancelier Merz a salué le vote positif vendredi. La ministre de l’Economie, la chrétienne-démocrate Katherina Reiche a affirmé : « L’Allemagne a besoin de nouveaux marchés pour exporter et soutenir son économie. L’accord constitue un contrepoids face aux Etats-Unis et à la Chine ». Les milieux économiques ont salué l’accord sur le Mercosur.
La fédération des agriculteurs allemand dénonce, elle, le texte. L’extrême-droite et la gauche de la gauche en font de même.

Berlin dans le jus

L’année a commencé fraîchement pour près de 50 000 foyers berlinois. Un attentat revendiqué par un groupe d’extrême-gauche a conduit à une panne d’électricité et de chauffage dans le Sud-Ouest de la ville. Des écoles, des hôpitaux, des commerces ou des entreprises ont également été concernés. Après l’attaque commise le 3 janvier tôt, il aura fallu attendre jusqu’à mercredi dernier pour que la situation redevienne normale dans la zone concernée.

Cet attentat illustre les risques pour les infrastructures que des attaques finalement assez sommaires peuvent mettre à mal. La capitale allemande pâtit sans aucun doute d’un terreau politique propice aux groupuscules d’extrême-gauche. Mais la ville paie aussi le prix de mesures insuffisantes pour disposer par exemple lors de tels problèmes de réseaux alternatifs pour assurer l’alimentation électrique de quartiers entiers. Les régions d’Allemagne de l’Ouest sont mieux préparées.

La réaction des autorités a aussi montré leur impréparation et l’insuffisance des moyens disponibles. A cela s’ajoute la gestion par le maire de Berlin, victime d’un feu roulant de critiques. Le chrétien-démocrate Kai Wegner, à la tête d’une coalition avec les sociaux-démocartes, s’est vu reprocher de ne pas avoir été sur le terrain durant les premières 24 heures. Il a expliqué avoir coordonné les secours depuis son domicile. Plus tard, il a dû reconnaitre qu’il avait joué au tennis “pour se changer les idées”.

”Sera-t’il bientôt éliminé ?” s’interrogeait le quotidien berlinois la semaine dernière après que le maire de Berlin (sur la photo) a reconnu avoir joué au tennis

Dans son propre camp, on critique la gestion en coulisses de la crise par le maire. Au-delà, les conséquences politiques pourraient être désastreuses pour la CDU à huit mois des élections berlinoises. Dans un sondage réalisé en novembre dernier, les chrétiens-démocrates de Kai Wegner restaient en tête malgré des pertes par rapport au scrutin de 2023. Un nouveau sondage pourrait remettre cette avance en cause et permettre à la coalition des trois partis de gauche de revenir au pouvoir, emmenée cette fois par Die Linke, en hausse sensible, associé aux Verts et aux sociaux-démocrates en perte de vitesse.

Les enjeux politiques de l’année électorale 2026

-les espoirs de la CDU

pour la CDU, talonnée dans les sondages (ou précédée) par l’AfD, des succès électoraux lors des régionales et municipales de cette année seraient les bienvenus. Si les chrétiens-démocrates pourraient perdre la mairie de Berlin, ville majoritairement à gauche, ils peuvent en revanche nourrir l’espoir de remporter un succès de poids lors du premier scrutin début mars dans le Bade-Wurtemberg. Cette région prospère du Sud-Ouest de l’Allemagne a un autre poids politique que la capitale. Le symbole serait fort car le Land est dirigé depuis quinze ans par un ministre-président écologiste, Winfried Kretschmann, 75 ans, qui se retire cette année. La CDU au pouvoir aujourd’hui sous la direction des verts pourrait parvenir dans deux mois à inverser les rôles et revenir au pouvoir dans ce fief traditionnel, en dirigeant cette fois une alliance avec les écologistes. Un sondage en octobre donnait 31% à la CDU (+7) et 17% aux écologistes (-15).

La CDU est pour l’instant en tête dans les sondages dans la Rhénanie Palatinat, le fief d’un certain Helmut Kohl, perdu par les conservateurs au profit du SPD il y a 35 ans. Regagner ce Land lors des élections de mars constituerait également un succès historique pour le parti de Friedrich Merz.

Pour la CDU, les élections de septembre dans deux régions de l’Est seront une autre paire de manches. En Saxe-Anhalt où l’extrême-droite atteignait il y a quelques semaines dans un sondage 40%, les autres partis arrivent bien loin derrière. La deuxième position des chrétiens-démocrates dans cette région qu’ils dirigent depuis 2002 n’est qu’une maigre consolation tant il leur sera difficile de former une coalition stable sans l’AfD. La faiblesse de petits partis qui pourraient ne pas être représentés au parlement régional faute d’atteindre la barre des 5% pourrait dans le pire des cas permettre à l’extrême-droite de décrocher la majorité absolue en sièges. Un scénario catastrophe qui fait trembler le tout Berlin et provoquerait un tremblement de terre international.

Le ministre-président sortant Rainer Haseloff avait annoncé il y a quelques mois qu’il quitterait la Saxe-Anhalt si l’AfD arrivait au pouvoir dans son Land. Son candidat ironise sur Instagram : “On dirait qu’Haseloff veut quitter la région plus vite que prévu ?”

La CDU panique et vient d’annoncer que le sortant, Rainer Haseloff, quittait son poste à la fin du mois. Il devait au départ rester en poste jusqu’au scrutin de septembre. Une décision critiquée car ne permettant pas à son successeur désigné, peu connu, de bénéficier du bonus traditionnellement accordé au sortant. La tête de liste de l’AfD, le trentenaire Ulrich Siegmund au profil de gendre idéal, est lui omniprésent sur les réseaux sociaux où il cartonne.

-L’AfD a tout à gagner

le parti d’extrême-droite qui se porte comme un charme dans les sondages nationaux est certaine d’atteindre des scores historiques et d’arriver en tête dans les deux régions de l’Est où l’on vote en septembre, la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg. Pour rappel, le parti d’extrême-droite avait obtenu 32% des suffrages dans la partie Est du pays lors des élections générales de février dernier soit 11 points de plus qu’au plan national. Et les sondages montrent que le parti peut espérer obtenir entre 15 et 20% des voix lors des scrutins dans les régions de l’Ouest du pays.

-Le SPD ressemble de plus en plus à un noyé qui gesticule et panique.

Les sondages restent désespérants pour les sociaux-démocrates. Au sein de la coalition qui les associe au chancelier Merz, ils font de la résistance sur des réformes sociales qui porteraient atteinte pour eux aux acquis sociaux. L’aile gauche notamment propose régulièrement des projets qui sont autant de chiffons rouges pour les chrétiens-démocrates mais dont l’évocation ne permet visiblement pas au SPD de regagner les coeurs des électeurs. Le parti a peu à proposer programmatiquement. Sur les questions sociales, il est battu en brèche par le parti de gauche Die Linke qui le talonne dans les sondages.

”Période hivernale”

-Die Linke, le mort vivant ressuscité, table sur des lendemains qui chantent

Quelques mois avant les dernières élections générales, le mouvement paraissait condamné à disparaitre du Bundestag. Les sondages lui donnaient moins de 5% des voix. Au soir du 23 février 2025, le parti engrangeait près de 9% des suffrages. Le mouvement avait joué clairement la carte pro-migration alors que Friedrich Merz pronait durant la campagne des mesures fermes sur ce dossier. Die Linke se veut aussi le défenseur des petites gens et de leurs problèmes quotidiens à commencer par celui des loyers trop élevés. Des thématiques qui séduisent l’électorat jeune mais pas seulement.

”Un autre Berlin est possible. Elif (Eralp) pour Berlin”

Le couronnement de cette année électorale serait pour Die Linke la conquête de la ville de Berlin avec la tête de liste Elif Eralp (photo ci-dessus). La candidate souffre d’un déficit de notoriété mais l’engouement en faveur de son parti peut le compenser. Si Die Linke arrivait en tête dans la capitale, le poste de maire, en l’occurrence de mairesse, lui reviendrait à la tête d’une coalition avec les verts et les sociaux-démocrates.

Die Linke peut espérer obtenir des scores très honorables dans les régions de l’Est où l’on votera à l’automne. A l’Ouest, une terre de mission traditionnelle, être représenté au sein des parlements régionaux en Rhénanie Palatinat (2,5% en 2021) et dans le Bade-Wurtemberg (3,5% il y a cinq ans) constituerait un succès et contribuerait à l’ancrage du pays dans la partie occidentale de l’Allemagne.

-BSW : plus dure sera la chute

Deux ans après son lancement, le parti BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) porte encore le nom de sa fondatrice, même si cette dernière a quitté la présidence à l’automne. Parti de rien, le mouvement avait rapidement percé en 2024 aux Européennes et lors de scrutins régionaux avec des positions de gauche traditionnelles sur les sujets sociaux et une politique migratoire dure sans oublier une “compréhension” flagrante pour la Russie au détriment de l’Ukraine.

La participation rapide de BSW à des exécutifs régionaux (en Thuringe et dans le Brandebourg) a attisé les tensions entre l’aile dogmatique du parti, favorable à une opposition pure et dure et les pragmatiques privilégiant le pouvoir mais aussi les compromis. Le parti a échoué d’un cheveu à faire son entrée au Bundestag en février 2026. Depuis les conflits ont cru. Dans le Brandebourg où BSW gouvernait en force d’appoint du SPD, les bisbilles permanentes ont conduit à la fin de cette coalition il y a quelques jours. (voir illustration ci-dessous).

”Alliance sans Wagenknecht”

Le parti joue sa survie politique cette année. A l’Est, bastion de l’AfD, un recul de BSW, pourrait-il profiter à l’extrême-droite, des électeurs de l’Alliance Sahra Wagenknecht virant leur cuti ? Sur l’immigration ou le rapport à la Russie, les deux mouvements ont des positions proches.

Lettre d'Allemagne

Par pascal thibaut

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