Détendu, sans cravate, c’est un Olaf Scholz serein qui s’est présenté à la presse vendredi dernier. Le chancelier, ministre à deux reprises dans le passé d’Angela Merkel, maitrise comme cette dernière à merveille la rhétorique Teflon. Rien n’attache. Les questions délicates sont esquivées avec prouesse. Le chef du gouvernement allemand a dressé un bilan positif de son action énumérant les réformes réalisées dans l’adversité et réduisant les bisbilles permanentes entre sociaux-démocrates, libéraux et verts à une triviale écume des jours du landerneau politique. Olaf Scholz se présente comme le grand timonier, toujours calme, à la voix parfois quasi inaudible et monocorde, qui tient d’une main ferme le gouvernail de la maison Allemagne dans la tempête. Mais n'’en doutez pas, la boussole d’Olaf Scholz veille au grain et conduit le pays vers un avenir meilleur.
"Je pourrais continuer comme ça pendant des heures..." "Ouf, j'ai vraiment besoin de vacances" pensent les journaistes épuisés (Heiko Sakurai)
Après les élections de 2021, le nouveau gouvernement s’est mis en place en décembre de la même année. Depuis la nouvelle équipe s’est attelée à la traduction législative du contrat de coalition conclu entre sociaux-démocrates, écologistes et libéraux. Mais ces documents très détaillés en Allemagne et fruits de laborieuses négociations, ne prévoient évidemment pas des crises subites comme l’invasion de l’Ukraine.
Politique étrangère : le tournant ukrainien
Cette dernière a débouché sur d’importants changements et remises en cause. L’Allemagne a mis fin à sa ligne traditionnelle et accepté de livrer des armes dans une zone en guerre, d’abord de façon modeste puis avec le temps plus massivement. Berlin est aujourd’hui le deuxième contributeur derrière les Etats-Unis. Jusqu’en 2027, la seule aide militaire en faveur de l’Ukraine devrait s’élever à 17 milliards d’Euros. Le discours historique d’Olaf Scholz sur la “Zeitenwende”, le “changement d’époque”, juste après le début de la guerre, a débouché sur l’adoption d’un fonds de 100 milliards d’Euros pour financer la Bundeswehr, après des années de vaches maigres. L’an prochain, l’Allemagne remplira les exigences fixées par l’OTAN et dépensera 2% de son PIB pour sa défense. Le fonds Bundeswehr permettra d’atteindre cet objectif mais les dépenses budgétaires courantes pourraient s’avérer sur la durée insuffisantes.
Si le soutien de Berlin en faveur de l’Ukraine reste fort au sein de la population, une minorité non négligeable a des états d’âme. Certains restent marqués par le fort courant pacifiste de l’Allemagne d’après-guerre; ils voient d’un mauvais oeil les livraisons d’armes et plaident pour des négociations, pourtant bien hypothétiques. D’autres rejettent catégoriquement et bruyamment l’attitude du gouvernement, comme on a pu le voir (et surtout l’entendre) début juin lors d’un déplacement d’Olaf Scholz. Le chancelier a défendu avec une verve qu’on lui connait peu sa politique, dénoncé les crimes de Poutine et rejeté les critiques des manifestants : https://www.youtube.com/watch?v=m0CDWs5cUU4
L’Allemagne a aussi ces dernières semaines deux documents qui doivent servir de référence pour sa politique étrangère. Une première stratégie de sécurité nationale a été publiée après de laborieuses négociations au sein de la coalition :
https://www.rfi.fr/fr/europe/20230614-l-allemagne-présente-une-première-stratégie-de-sécurité-nationale-qui-cible-la-russie-et-la-chine ainsi qu’un document plus spécifiquement consacré à la Chine. https://www.rfi.fr/fr/europe/20230713-l-allemagne-adopte-une-stratégie-globale-face-à-la-chine-pour-réduire-sa-dépendance-économique
Le tournant énergétique
C’est un dossier central du nouveau gouvernement avec un objectif intermédiaire très ambitieux à savoir 80% d’électricité produite grâce aux énergies renouvelables d’ici 2030. Pour y parvenir, la nouvelle coalition a adopté différentes mesures pour accélérer les choses et simplifier notamment les procédures de planification, de consultation de la population et autres freins bureaucratiques. Le nombre des installation solaires a doublé depuis; celui de l’éolien croit.
La guerre en Ukraine et la fin de l’approvisionnement en gaz russe ont conduit en quelques mois seulement -une vitesse record- à l’aménagement de plusieurs installations portuaires pour l’importation de gaz liquéfié dont l’Allemagne ne disposait pas. Grâce également à des mesures conjoncturelles massives l’an dernier pour atténuer la crise énergétique pour les particuliers et les entreprises, le pays a passé l’hiver sans manifestations de masse que certains pronostiquaient ou craignaient et sans que les Allemands restent transis dans des appartements non chauffés, scénario catastrophe également évoqué par certains.
"Heiz-Hammer" : mot à mot "le marteau du chauffage" ou comment le gouvernement allait assomer propriétaires et locataires avec une loi sur les chauffages moins polluants. Quelques exemples de la campagne massive du quotidien populiste de droite.
Au printemps, “la loi chauffage” (voir newsletters précédentes) a suscité des tangages houleux au sein de la coalition et suscité une campagne très efficace de la presse populiste et de l’extrême-droite. La loi qui dans sa version initiale imposait des chaudières fonctionnant aux deux tiers minimum avec du renouvelable à partir de 2024 a été depuis édulcorée. Le gouvernement qui voulait tout faire pour l’adopter avant la pause de l’été (pour éviter en passant que le texte ne figure au centre de la campagne avant deux régionales test en octobre) a échoué. Saisie par un député chrétien-démocrate, la cour constitutionnelle a estimé que la cavalcade parlementaire voulue par le gouvernement ne permettait pas au Bundestag de travailler sereinement. La loi attendra donc septembre pour être adoptée.
Ces modifications ont été dénoncées par les défenseurs de l’environnement comme l’abandon des bilans climatiques secteur par secteur, obligeant les ministères compétents d’agir. Une aubaine pour le ministre libéral des Transports, domaine où peu de progrès ont été faits pour réduire les émissions de CO2. Au terme de laborieuses négociations, la coalition s’est mise d’accord sur des procédures allégées pour la construction de nouveaux axes routiers et ferroviaires. La Deutsche Bahn, longtemps délaissée, a besoin d’investissements de plusieurs dizaines de milliards dans les années qui viennent pour moderniser son réseau.
Des lois sociales importantes
La plus importante reste l’augmentation sensible du SMIC horaire en octobre dernier passé à 12 Euros soit une hausse de 22%. Une augmentation significative pour six millions de personnes; il s’agissait d’une mesure centrale du programme d’Olaf Scholz. Certes ce plus a été grignotée en partie par l’inflation record l’an dernier, mais les bénéficiaires du SMIC n’ont néanmoins, contrairement à beaucoup d’autres, pas vu leur salaire réel reculer.
Le “Bürgergeld” ou “argent citoyen” : une des réformes sociales les plus importantes des vingt dernières années. Cette prestation a remplacé au 1er janvier l’allocation surnommée “Hartz 4”, héritage impopulaire de l’époque Schröder que beaucoup de sociaux-démocrates voulait faire oublier. Depuis le début de l’année, les chômeurs bénéficient d’une meilleure prise en charge, les sanctions tatillonnes très critiquées et qui ont coûté des voix au SPD ces vingt dernières années ont été adoucies. Le ministre des Affaires sociales a aussi fait adopter une réforme qui doit permettre de maintenir le niveau des retraites après 2025 pour qu’il ne passe pas sous la barre des 48% du salaire brut.
Famille : les allocations familiales ont été sensiblement augmentées. Un projet plus ambitieux qui tient à coeur à la ministre verte en charge du dossier suscite, comme d’autres, des tiraillements au sein de la coalition : l’introduction en 2025 d’une allocation unique destinée à lutter contre la pauvreté qui frappe un enfant sur cinq en Allemagne. Cette nouvelle prestation doit avoir deux composantes : l’une comme aujourd’hui sera destinée à toutes les familles; une seconde dépendra, elle, des revenus des parents. Le ministre des Finances, le libéral Christian Lindner, estime les dépenses prévues par sa collègue écologiste -12 milliards d’Euros par an- trop élevées et injustifiées. Avant la pause de l’été, Olaf Scholz a demandé qu’à la rentrée un projet de loi avec différentes variantes soit présenté. Les débats ne sont sans doute pas terminés.
Migration “La loi la plus moderne du monde”
Olaf Scholz n’a pas lésiné pour évoquer le texte adopté fin juin prévoyant l’introduction d’un système à points, inspiré du modèle canadien, pour permettre à l’Allemagne de solutionner en partie son manque de main d’oeuvre qualifiée. Un autre texte donnera la possibilité à des demandeurs d’asile déboutés d’obtenir un titre de séjour s’ils ont déjà un travail. Une autre loi encore en discussion doit assouplir les règles et permettre une naturalisation plus rapide.
En même temps, Berlin qui ces dernières années prônait une ligne plus libérale en Europe que de nombreux autres pays sur le droit d’asile s’est rallié à la réforme plus stricte récemment adoptée par les 27. Un durcissement qui a créé des tensions au sein de la coalition où les verts défendent traditionnellement une politique plus ouverte. Au sein du parti écologiste, des états d’âme ont été rapidement formulés contre l’accord que l’UE vient de passer avec la Tunisie.
Finances : retour de l’orthodoxie
Après avoir dépensé sans compter depuis 2020 pour lutter contre les conséquences de la pandémie et de la crise énergétique, l’Allemagne serre d’un coup les boulons. La fin de la récréation budgétaire a été sifflée. La règle d’or ancrée dans la constitution doit s’appliquer à nouveau l’an prochain avec un déficit de l’Etat qui ne doit pas dépasser 0,35% du PIB.
Entre le fonds spécial pour la Bundeswehr et les aides massives pour les particuliers et les entreprises pour atténuer les conséquences de la crise énergétique, les dépenses avaient encore été importantes l’an dernier. Les ministères ont dû pour préparer le budget 2024 revoir leurs ambitions à la baisse. Le ministre des Finances a dû dans la dernière ligne droite négocier avec le chancelier à ses côtés pour ficeler un projet présenté bien plus tard que de coutume.
2019 : "Sans la règle d'or, les digues céderaient en Europe. Pour de solides finances publiques" Christian Lindner
Reste que le retour à la règle d’or -elle avait été suspendue depuis le début de la pandémie- suscite des interrogations alors que l’Allemagne a besoin d’investissements massifs pour rénover ses infrastructures, tenir ses engagements militaires, assurer la transformation numérique et la transition énergétique. Ce principe au rang constitutionnel est critiqué. Mais le parti libéral du ministre des Finances Lindner y tient dur comme fer. Comme le refus de toute hausse d’impôts ou de limitations de vitesse sur les autoroutes, ces principes font partie de l’ADN du FDP. Malmené dans les sondages et sanctionné lors des élections intermédiaires depuis l’automne 2021, le parti libéral a besoin d’un os à ronger.
Le gouvernement souffre de sa mauvaise image
L’esprit qui régnait lors du lancement de la coalition “feu tricolore” fin 2021 appartient depuis longtemps au passé. Les dirigeants des trois partis -SPD, Verts, Libéraux- bras dessus bras dessous célébraient alors leur esprit d’équipe et se présentaient comme porteurs d’une vision d’avenir commune pour moderniser l’Allemagne.
Depuis les tiraillements et les querelles, parfois par médias et réseaux sociaux interposés, sont incessants la règle. Il est vrai qu’une coalition à trois partis s’est mise place pour la première fois au niveau fédéral ce qui implique des compromis plus difficiles que dans les gouvernements précédents. Dans le système politique allemand, chaque ministre est maître à bord de son administration et le chancelier se transforme en un animateur. Olaf Scholz se voit régulièrement reprocher de ne pas taper du poing sur la table. Ca n’est pas son fort et ne correspond pas plus aux usages politiques. De plus, les deux plus petits partis de la coalition, les verts et les libéraux, sont revenus au pouvoir au niveau fédéral en 2021 après un long passage dans l’opposition (seize ans pour les écologistes; huit ans pour le FDP). Et ces deux mouvements s’opposent sur de nombreux dossiers. Tandis que les Verts veulent réguler de nombreux domaines à commencer par la transition énergétique, les libéraux restent rêtifs à un développement outre-mesure du rôle de l’Etat. Les écologistes souffrent de leur image de parti prônant d’abord des interdictions. Même si les buts des responsables du mouvement sont honorables, ces derniers oublient souvent trop vite que les réformes en profondeur qu’ils défendent et que leur base soutient suscitent des inquiétudes et des rejets au sein de la populaiton et nuisent à la cohésion sociale.
Dans un sondage la semaine dernière, les trois quarts des Allemands estimaient que les relations entre les trois partis de la coalition sont mauvaises. Une bonne moitié (54%) est mécontente de l’action du gouvernement; 40% sont satisfaits, un résultat somme toute honorable.
Les partis : l’AfD au plus haut; les concurrents perplexes
Ce sondage tout frais ci-dessous confirme la montée de l’Alternative pour l’Allemagne, désormais en deuxième position autour de 20% derrière les chrétiens-démocrates. Ces derniers ne profitent pas de l’impopularité du gouvernement et ne parviennent pas à convaincre les Allemands qu’ils ont de meilleures recettes à proposer. Les trois partis de la coalition réunissent ensemble moins de 40% des voix. Le recul est le plus sévère pour le SPD qui a perdu près de huit points par rapport aux élections de septembre 2021. Les Verts sont sur la défensive et leurs bons scores dans les sondages depuis les législatives ont progressivement fondu au soleil; mais aujourd’hui ils retrouvent presque leur score de septembre 2021. Les libéraux, forts d’un bon résultat il y a deux ans qui s’expliquait également par la faiblesse de la CDU, ont reculé et subi des échecs lors d’élections intermédiaires. Les deux régionales d’octobre en Hesse et en Bavière pourraient être à nouveau douloureuses pour le FDP menacé de perdre dans ses Länder sa représentation parlementaire.
Les chrétiens-démocrates
ont remplacé la semaine dernière leur secrétaire général jugé trop pâlichon. Le président du parti, Friedrich Merz, a désigné pour le seconder un clône plus jeune : Carsten Linnemann vient aussi de Rhénanie du Nord Westphalie, il est également proche des milieux économiques et défend aussi sur les questions sociétales des valeurs conservatrices. Alors que les chrétiens-démocrates sont partagés sur la ligne à adopter face au succès de l’extrême-droite, le choix du nouveau secrétaire général est un signal en faveur d’un durcissement. Carsten Linnemann a en tout cas immédiatement montré qu’il comptait bien tenir le rôle qu’on attendait de lui en demandant dans une interview le week-end dernier que les auteurs de violences dans les piscines (qui défraient la chronique ces jours ci) soient appréhendés et condamnés sévèrement le même jour. Mais le départ du précédent secrétaire général, originaire de l’Est et membre de l’aile sociale de la CDU, laisse un vide. Les partisans d’une ligne plus centriste au sein de la CDU n’ont pas l’intention de rendre les armes.
La concurrence de l’AfD est particulièrement forte à l’Est pour la CDU. Le parti d’extrême-droite y est en tête dans les sondages. Quel positionnement adopter ? Un responsable de la fédération de Thuringe des chrétiens-démocrates a plaidé pour une alliance possible avec Die Linke, exclue depuis toujours par les chrétiens-démocrates pour lesquels on ne “pactise” pas avec le mouvement héritier du parti communiste est-allemand.
Ce sondage choc du début du mois donne 34% au parti d’extrême-droite dans cette région de l’Est du pays où l’on votera l’an prochain. Un tel résultat constituerait une hausse de plus de dix points par rapport aux élections de 2019. Comment si cette projection devient réalité constituer un gouvernement stable si les deux partis qui arrivent en 2è et 3è position, CDU et Linke, ne se rapprochent pas ?
Une alliance entre chrétiens-démocrates et extrême-droite reste exclue, elle, au niveau régional ou fédéral. Le cordon sanitaire fonctionne. Et l’AfD qui se radicalise toujours plus depuis sa création il y a dix ans, contrairement à d’autres partis populistes de droite en Europe, se place elle même dans une impasse politique, empêchant par son positionnement une participation au pouvoir. Le brillant discours de l’ancien président de la CDU et candidat malheureux du parti à la chancellerie en 2021, Armin Laschet, viral sur le net depuis, illustre parfaitement ce rejet de l’extrême-droite : https://www.youtube.com/watch?v=3bSNVeXuH4w
-L’AfD
peut se contenter actuellement de savourer les bons sondages actuels. Le parti profite de la cacophonie au sein du gouvernement et exploite sans vergogne sur les réseaux sociaux les inquiétudes des Allemands. Le parti a remporté pour la première fois deux succès à des élections locales avec un conseiller d’arrondissement en Thuringe et un maire en Saxe-Anhalt. Il envisage même d’avoir son propre candidat ou sa propre candidate à la chancellerie en 2025. On verra d’ici là si le pronostic du tenant du titre, Olaf Scholz, formulé la semaine dernière, se révèlera pertinent. Le chef de gouvernement a estimé durant sa conférence de presse que l’AfD ne ferait pas mieux aux prochaines législatives qu’en septembre 2021 c’est-à-dire 10,6% des voix.
-Die Linke et “la fusée”
Le parti de gauche ne profite pas du tout de l’impopularité du gouvernement et végète dans les sondages autour de 5%. En septembre 2021, il n’avait pas franchi cette barre nécessaire pour bénéficier normalement d’une représentation au parlement. Mais il avait été repêché grâce à une subtilité du complexe droit électoral allemand : un parti qui conquiert au moins trois sièges dans des circonscriptions au scrutin majoritaire uninominal à un tour peut à l’arrivée disposer d’une représentation parlementaire. Depuis septembre 2021, Die Linke a avant tout été déchirée par des débats internes à commencer par l’hypothèque Sahra Wagenknecht. Sur une ligne populiste nationale-sociale, cette personnalité qui séduit et polarise pourrait créer son propre mouvement.
La direction de Die Linke a récemment renvoyé l’intéressée dans les cordes et vient de prendre le contrepied des positions de Wagenknecht. L’ancienne capitaine du navire Sea Watch qui avait sauvé des migrants en mer Méditerranée en 2019, Carola Rackete, sera la numéro deux de la liste de gauche pour les Européennes de 2024. Le quotidien “Tageszeitung” titrait ce mardi “Die Linke allume une fusée”, une allusion au nom de l’intéressée (même si fusée s’écrit Rakete en allemand).
L’avenir dira si cette ouverture du parti vers la société civile et sur une position clairement pro-migration profitera à Die Linke. Si Sahra Wagenknecht devait créer un parti concurrent, les cartes seraient sans doute rebattues. Un sondage fiction montrait qu’un tel mouvement arriverait d’emblée en tête en Thuringe avec 25% des voix affaiblissant sensiblement l’extrême-droite.
