Friedrich reMERZié ?

"Un changement de chancelier ?" : la une du quotidien "Bild Zeitung" il y a quelques jours se faisait l'écho de folles rumeurs qui agitent le landerneau politico-médiatique. Et si les chrétiens-démocrates remplaçaient le très impopulaire Friedrich Merz. Une hypothèse peu crédible aujourd'hui mais sa résonance en dit long.

Lettre d'Allemagne
10 min ⋅ 31/05/2026

Au menu également de cette Lettre d’Allemagne : l’AfD toujours au centre des débats politiques; une nouvelle direction pour le parti libéral; des nouveaux patrons de régions; la prime pour les voitures électriques qui fait un tabac; la mort du survivant d’Auschwitz Albrecht Weinberg

L’impopularité de Friedrich Merz un peu plus d’un an après son élection est abyssale. 14% des Allemands sont satisfaits des performances de leur chancelier. Même Olaf Scholz, son prédecesseur social-démocrate mal aimé, n’avait jamais atteint de tels tréfonds. Un quotidien allemand cette semaine présentait le trio européen de l’impopularité avec, aux côtés du chancelier, son homologue britannique Keir Starmer et un certain Emmanuel Macron. Les chrétiens-démocrates qui avaient en février 2025 enregistré un des pires scores de leur histoire avec 28,5% sont aujourd’hui devancés de sept points par le parti d’extrême-droite dans ce sondage pour “Bild Zeitung”. La coalition au pouvoir -CDU-CSU/SPD- ne recueille plus le soutien que d’un électeur sur trois…

Le gouvernement doit avant l’été présenter des réformes importantes du système social allemand (retraites, assurance dépendance, santé) et revoir l’impôt sur le revenu. “L’automne des réformes” promis l’an dernier est resté lettre morte. Les divergences de fond entre chrétiens et sociaux-démocrates sur de nombreux dossiers dont les médias rendent abondamment compte, ne permettent pas jusqu’à présent de ficeler un paquet de réformes digne de ce nom. Ces querelles incessantes nuisent un peu plus à la popularité du gouvernement.

A ces facteurs politiques s’ajoutent bien sûr les difficultés économiques. L’Allemagne devait renouer cette année avec une croissance, certes modeste, mais digne de ce nom. Mais les retombées de la crise dans le Golfe réduisent à néant ces espoirs. Le moral des troupes est dans les chaussettes, avec ou sans sandales.

"Quand la coalition va-t’elle trouver un compromis ?” s’interroge ce dimanche l’hebdomadaire

Le magazine “Stern” a le premier abordé l’hypothèse d’un changement de chancelier. Parmi les chrétiens-démocrates, l’impopularité de Merz interroge et certains responsables auraient d’après la presse réfléchi à une telle hypothèse. La CDU n’est pas un parti monolithique contrairement à certains de ses homologues étrangers. L’aile libérale proche des milieux économiques mais aussi les conservateurs sur des sujets sociétaux notamment ont “souffert” durant le règne d’Angela Merkel. Friedrich Merz incarnait pour eux l’espoir de corriger le cours centriste du parti. Le président du parti a d’ailleurs mené une campagne défendant des réformes économiques libérales et défendu des positions plus conservatrices sur des thèmes comme l’immigration ou le droit de la nationalité. Les “Merziens” ont goûté ses accents. Mais dans un régime parlementaire avec un scrutin proportionnel débouchant sur des coalitions et des compromis, le nouveau chancelier ne pouvait que decevoir ses troupes. Les entorses à la règle d’or et les fonds hors budget de centaines de milliards adoptés au printemps 2025 dans l’urgence ont déboussolé les chrétiens-démocrates libéraux. Et une coalition avec les sociaux-démocrates implique d’avaler de nombreuses couleuvres.

L’aile sociale de la CDU dont les thèses font souvent écho aux préoccupations du SPD s’irrite elle d’un agenda social de certains de leurs camarades qui remettrait trop fortement en cause des acquis sociaux. Certaines sorties impulsives dont Merz a le secret n’arrangent rien comme récemment lorsque le chancelier a estimé que la retraite de monsieur tout le monde ne constituerait plus à l’avenir qu’une base sans plus du système.

Friedrich Merz retranché dans son bureau : “Non, monsieur Wüst, le chancelier ne donne pas pour l’instant l’impression de vouloir abandonner ses fonctions”

L’hebdomadaire “Stern” mettait en avant Hendrik Wüst, le ministre-président chrétien-démocrate de la plus grande région allemande, la Rhénanie du Nord Westphalie comme potentiel remplaçant de Friedrich Merz. Âgé de cinquante ans, il a vingt ans de moins que le chancelier. Il est sensiblement plus populaire que le tenant du titre avec la troisième place parmi les responables politiques allemands tandis que Friedrich Merz est bon dernier en vingtième position… Hendrik Wüst est par ailleurs un centriste au sein de la CDU et quelque part un héritier d’Angela Merkel. Lors des élections de mai 2022, il a amélioré le score de son parti en Rhénanie du Nord Westphalie avec 36% des voix (contre 24% au niveau fédéral lors des législatives de septembre 2021).

Hendrik Wüst gouverne sa région avec les Verts depuis quatre ans sans que des querelles intempestives ne fassent parler d’elles. Le Bade Wurtemberg et le Schleswig Holstein sont également dirigés par des coalitions entre chrétiens-démocrates et écologistes. Les Verts contre lesquels les conservateurs avaient mené une campagne très hostile lors des dernières législatives ne sont plus les ennemis jurés de la CDU. Des canaux de discussion existent. Le déclin du SPD, le blocage des sociaux-démocrates contre diverses réformes sociales peuvent laisser permettre de penser qu’une alliance entre les chrétiens-démocrates et les écologistes au niveau fédéral pourrait à terme revenir sur l’avant-scène. Une telle coalition n’a jamais gouverné l’Allemagne. Les écologistes ont par ailleurs repris des couleurs dans les sondages (voir ci-dessus) après un score sanction en février 2025.

Friedrich Merz et Hendrik Wüst

L’hypothèse d’un remplacement de Friedrich Merz parait bien peu réaliste aujourd’hui. Hendrik Wüst a apporté durant la dernière semaine “son soutien total dans son important travail pour l’Allemagne” au tenant du titre. Le porte-parole du chancelier interrogé vendredi a lui déclaré : “Le gouvernement se concentre sur le processus de réformes. Tous les autres sujets sont sans importance”. Si un remplacement de Merz ne figure pas à l’ordre du jour, il n’empêche : la forte couverture médiatique de cette hypothèse, les commentaires et autres réactions contribuent un peu plus à égratigner l’autorité déjà entamée du chancelier.

L’adoption ou non d’un paquet de réformes ambitieux avant la pause de l’été permettra de constater si la coalition au pouvoir est ou non en mesure d’être à la hauteur des défis que le pays doit relever. Les élections régionales de septembre à Berlin, mais surtout dans deux Länder de l’Est où l’AfD arrive de loin en tête constitueront un test majeur. Si l’extrême-droite devait parvenir à décrocher une majorité absolue en sièges en Saxe-Anhalt où un récent sondage la créditait de 42% des intentions de vote, cela créerait un séisme politique. Sept Allemands sur dix dans une étude publiée ce dimanche pensent que l’AfD décrochera à l’automne la direction d’une ou plusieurs régions. Même si cette hypothèse ne devait pas se traduire dans les faits, le score très élevé attendu de l’extrême-droite pourrait relancer les débats sur le cordon sanitaire -en allemand le mur pare-feu-, en clair sur une possible collaboration d’autres forces, à commencer par les chrétiens-démocrates, avec l’AfD.

le sondage de la mi-mai pour la Saxe-Anhalt donnait 42% des intentions de vote à l’AfD, très loin devant la CDU qui gère aujourd’hui la région avec le SPD et les libéraux du FDP

Le même sondage réalisé pour “Bild am Sonntag” montre par ailleurs que les électeurs chrétiens-démocrates, contrairement à leurs dirigeants, sont prêts à ignorer le rejet de la CDU contre toute alliance avec le parti de gauche Die Linke. Une telle coopération est pour la moitié de ces sympathisants chrétiens-démocrates préférable à une coalition ou une alliance qui ne dit pas son nom avec l’AfD (27% privilégient cette option).

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Vie politique

-l’AfD, l’éléphant dans la pièce

La montée en puissance du parti d’extrême-droite oblige les autres acteurs de la vie politique, surtout dans la partie Est de l’Allemagne, à constituer des coalitions baroques pour gouverner sans la force qui joue dans l’ex-RDA un rôle si dominant. Certains responsables de la CDU dans ces régions ne considèrent pas le cordon sanitaire actuel comme une ligne rouge. Mais s’il devait être remis en cause, cela conduirait sans doute à une implosion du camp chrétien-démocrate.

“le mur pare-feu est consumé” titre ce dimanche le quotidien de Cologne qui rejette pourtant toute solution permettant à l’AfD d’être associée au pouvoir

Si ces débats concernent avant tout la CDU, voisine sur l’échiquier politique de l’AfD, ils n’épargnent pas d’autres forces. La déclaration de l’ancien ministre-président du Schleswig-Holstein suggérant que son parti social-démocrate devrait le cas échéant accepter de constituer un gouvernement régional minoritaire bénéficiant du soutien de l’extrême-droite a suscité un tollé au sein du SPD. Un autre social-démocrate, membre du gouvernement de Friedrich Merz, a souligné en off que Torsten Albig, aujourd’hui lobbyiste de Philip Morris n’avait aucun poids politique au sein de son parti. Le SPD, fidèle à une longue tradition antifasciste, dénonce une telle hypothèse rappelant que les sociaux-démocrates avaient refusé en 1933 de voter les pleins pouvoirs à Hitler.

-Bardella/AfD : un cordon sanitaire au sein de l’extrême-droite européenne ?

L’interview du président du Rassemblement National au quotidien “Frankfurter Allgemeine Zeitung” n’a pas plu à l’Alternative pour l’Allemagne. Jordan Bardella y effectue des appels du pied en direction de Friedrich Merz et de la CDU saluant la politique migratoire de Berlin et son engagement pour une réduction de la bureaucratie en Europe. La stratégie est claire, moins d’un an avant la présidentielle française, s’afficher comme une force responsable et remiser à l’arrière-plan des prises de position peu favorables à l’Allemagne. La rencontre entre l’ambassadeur allemand en France et le potentiel candidat du RN à l’Elysée participe également de cette stratégie.

A l’automne 2023, le courant passait encore : Marine Le Pen avec à gauche le co-président de l’AfD Tino Chrupalla et au centre le leader du parti d’extrême-droite portugais Chega, André Ventura

Jordan Bardella qui cherche à se “meloniser” claque à la porte à l’AfD, force perçue comme trop radicale et avec laquelle il vaut mieux ne pas s’afficher ensemble. Les responsables de l’Alternative pour l’Allemagne n’ont pas apprécié cette prise de distance affichée. Il y a quelques mois encore, certains dirigeants de l’AfD se félicitaient pourtant d’un possible succès du RN l’an prochain. Ce dernier avait déjà rompu il y a deux ans ses relations avec l’AfD en mettant fin à la coopération au sein du parlement européen après que la tête de liste du parti, Maximilian Krah, ait estimé que tous les membres de la SS n’étaient pas des criminels. Cela sentait le souffre pour le RN qui a beaucoup oeuvré depuis l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen pour s’éloigner de l’héritage sulfureux du FN d’antan.

-Le FDP a une nouvelle direction

Le parti libéral n’a pas réussi l’an dernier, pour la deuxième fois depuis la guerre, a franchir la barre des 5% pour être représenté au Bundestag. Il a subi deux échecs depuis lors de régionales et n’est plus crédité que de 3% des intentions de vote. Ce mouvement qui a longtemps joué un rôle pivot comme force d’appoint des chrétiens-démocrates ou du SPD traverse une crise existentielle. Il pourrait en septembre subir une nouvelle défaite en Saxe-Anhalt et perdre sa dernière participation à un gouvernement régional. Le FDP avait été associé au pouvoir à Berlin aux côtés du chancelier Scholz et des écologistes.

Son nouveau président élu samedi est le septuagénaire Wolfgang Kubicki (à droite sur la photo) connu pour ses sorties tonitruantes et un cours plus droitiste. Il devait être seul en lice lors du congrès de son mouvement mais Marie-Agnes Strack-Zimmermann s’est présentée par surprise. Le score du nouveau président (60% des délégués) égratigne son élection. La candidature de la députée européenne, partisane d’une ligne plus centriste, illustre aussi les débats sur le cordon sanitaire face à l’AfD. Kubicki comme son nouveau secrétaire général en pensent pis que pendre. La presse rend compte de démissions de membres du parti qui rejettent une telle ligne politique. Il est douteux que le FDP puisse séduire des électeurs AfD. En revanche, le mouvement a sans doute une carte à jouer pour attirer des sympathisants CDU déçus de la ligne trop soft de Merz.

-Cem Özdemir : un écologiste d’origine turque à la tête du Bade Wurtemberg

C'est une première politique en Allemagne : l'écologiste Cem Özdemir qui se définit lui même comme un “Souabe d’Anatolie” va gouverner comme son prédécesseur la région à la tête d'une coalition avec les chrétiens-démocrates. Dans le Bade-Wurtemberg, Land longtemps dirigé par les chrétiens-démocrates, il paraissait impossible que le fils de modestes immigrés turcs arrivés en Allemagne dans les années 1960 prenne la tête de la région. Et encore moins qu'un écologiste s'impose sur des terres traditionnellement conservatrices.

Mais les choses ont changé. Cette région du Sud-Ouest de l'Allemagne était dirigée déjà depuis 15 ans par un vert, Winfried Kretschmann. En prenant sa suite en tant que ministre-président, Cem Özdemir prouve qu'il ne s'agissait pas d'une parenthèse.

S'il est un enfant du pays qui parle le dialecte régional, Cem Özdemir a d'abord eu une longue carrière politique au niveau national. L'ancien travailleur social a été élu il y a plus de 30 ans au Bundestag. Il a dirigé le parti écologiste durant dix ans et a été ministre de l'Agriculture – une surprise – au sein du gouvernement d’Olaf Scholz.

Comme son prédécesseur à la tête du Bade-Wurtemberg, Cem Özdemir est un pragmatique pur et dur qui défend l'industrie automobile et a pris ses distances avec ses camarades à Berlin. Ce profil lui a permis une remontée impressionnante durant la dernière campagne, où son parti a terminé d'une courte tête devant les chrétiens-démocrates avec lesquels une nouvelle coalition, la troisième vient d'être conclue.

-Gordon Schnieder : un chrétien-démocrate à la tête de la Rhénanie Palatinat

La CDU a réussi en mars à reconquérir cette région dirigée durant les 35 dernières années par le SPD. Ce Land a été autrefois le fief d’un certain Helmut Kohl. Comme à Berlin, c’est une coalition associant les chrétiens aux sociaux-démocrates sortant qui dirige désormais la région.

Economie

-le comité des sages alerte sur une envolée possible des cotisations sociales

Ces experts économiques qui conseillent le gouvernement allemand ont mis en garde dans leur rapport remis mercredi sur une dérive à moyen terme. Le taux global de cotisation -chômage, retraite, assurance dépendance, maladie- pourrait atteindre 50% d’ici 2040 (contre 42% aujourd'hui) préviennent les sages. Cette évolution aurait des conséquences négatives pour la croissance en alourdissant les charges des entreprises et en réduisant les revenus nets des ménages. Le vieillissement démographique, la natalité en baisse, une diminution de l’immigration nette constituent autant de facteurs aggravant. Pour les rapporteurs, des réformes importantes sont nécessaires pour réduire cette dérive. Les experts proposent pour l’assurance maladie obligatoire de réduire les inégalités hospitalières, de renforcer la spécialition des cliniques, d’ajuster le prix des médicaments. Côté recettes et droits, ils suggèrent d’allonger la durée de la vie active alors que l’âge légal de la retraite passera à 67 ans en 2031.

Les sages ont par ailleurs, comme d’autres experts, revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’Allemagne pour 2026 passant de 0,9% à 0,5% auparavant.

- les Allemands électrisés par un programme d’aides pour des voitures propres

Avec près de 20 000 demandes en 24 heures, les subventions proposées par le gouvernement ont fait un tabac alors que les véhicules électriques avaient encore le vent en berne il y a quelques mois. Fin 2023, le gouvernement Scholz avait mis fin brutalement à un bonus écologique qui avait entrainé dans la foulée une baisse sensible des immatriculations. Le nouveau dispositif peut atteindre jusqu’à 6000 Euros si les demandeurs cochent toutes les cases (revenu, composition du foyer, type de véhicule acheté). L’objectif est ambitieux avec des fonds pouvant permettre d’accompagner l’achat d’environ 800 000 voitures.

"Vous empochez la prime; nous avons les voitures”

L’Allemagne a par ailleurs fait des progrès en matière d’infrastructures et disposait au premier avril de 200 000 bornes de recharge publiques soit une hausse de 17% en un an. Celles qui permettent une recharge rapide (50 000) ont vu leur nombre augmenter d’un tiers en douze mois. Une comparaison européenne montre que l’Allemagne arrive en bonne position avec 70 bornes pour 100 kilomètres de rues (Pays-Bas 120; Danemark 110; Luxembourg 100; France 15; GB 12).

-le taux de chômage en recul en mai

Il a baissé d’un dizième de point à 6,3%. La reprise printannière n’est toujours pas marquée. Le PIB a certes progressé de 0,3% au premier trimestre mais celui en cours devrait pâtir de la crise internationale actuelle. L’agence fédérale souligne que le risque de devenir chômeur en Allemagne en perdant son emploi reste historiquement relativement faible. En revanche, les chances de sortir du chômage sont médiocres en raison d’une faiblesse persistante de la demande de main d’oeuvre des entreprises.

-les salaires rééls continuent d’augmenter

Cette tendance initiée il y a trois ans se poursuit au premier trimestre avec une hausse des salaires réels (hors inflation) de 1,8%. L’augmentation du SMIC horaire à 13,90 Euros au premier janvier a profité aux salariés les plus modestes. Il faudra voir quelles conséquences inflationnistes aura la crise dans le Golfe au deuxième trimestre.

-l’inflation a ralenti en mai

La hausse des prix sur un an a été de 2,6% ce qu’explique une hausse atténuée des prix de l’énergie. Le rabais fiscal accordé par le gouvernement pour deux mois à partir du 1er mai aux automobilistes a eu des effets positifs à la pompe.

13 ans de prison ferme pour une ex-terroriste de la RAF

Après 30 ans de cavale, Daniela Klette, 67 ans, a été condamnée la semaine dernière par la justice allemande pour une série de braquages à main armée commis après la dissolution du groupe d’extrême-gauche Fraction Armée Rouge qui a profondément marqué l’Allemagne de l’Ouest dans les années 70 et 80. Daniela Klette est également poursuivie pour sa participation à trois attentats menés, eux, pour des raisons politiques entre 1990 et 1993. Ces derniers font l’objet d’une procédure séparée.

"fini de ricaner, 13 ans de prison !”

Daniela Klette comparaissait pour des braquages commis après l’auto-dissolution de la RAF en 1998. Il s’agissait en fait de délits de droits commun pour financer sa vie dans la clandestinité (et celle de ses deux complices toujours en cavale). Entre 1999 et 2016, ils ont attaqué des fourgons blindés et des caisses de supermarchés avec un butin total de 2,4 millions d’Euros.

Daniela Klette n’a manifesté aucun remords durant son procès. La défense comme le parquet ont fait appel du jugement.

La chanteuse berlinoise Laura Dee a consacré une chanson en français à Daniela Klette :

Culture

-la mort d’Angelica Domröse, icone du cinéma est-allemand

L’actrice est morte à la mi-mai à l'âge de 85 ans. Elle restera à jamais la protagoniste du film culte "la légende de Paul et Paula" (1973), l'histoire d'amour d'une femme libre élevant seul son enfant et d'un fonctionnaire du parti communiste marié. Un film également sur la vie quotidienne en RDA où une critique sous-jacente transparait au début de l'ère Honecker. Le président Steinmeier a rendu hommage à l’actrice : "Dans le rôle de Paula, elle a charmé le public et est devenue un symbole pour toute une génération de femmes. Elle a écrit avec ce rôle un morceau d'histoire du cinéma." Angelica Domröse avait quitté la RDA quelques années après la sortie du film après avoir protesté comme beaucoup d'artistes et d'intellectuels est-allemands contre la déchéance de sa nationalité subie par le célèbre chanteur Wolf Biermann.

-Udo Lindenberg fête ses 80 ans

La légende du rock allemand octogénaire. Ce documentaire d’Arte vous en dit plus : https://www.arte.tv/fr/videos/112807-000-A/udo-lindenberg-le-panikorchester/

-Les Tote Hosen raccrochent (à voir…)

le groupe punk présente son dernier opus après 45 ans et 7,5 millions d’albums. https://www.arte.tv/fr/videos/088770-000-A/le-punk-des-toten-hosen-au-cinema/

Le survivant d’Auschwitz Albrecht Weinberg meurt à 101 ans

Déporté en 1943, cet Allemand a continué jusqu’à la fin de sa vie à témoigner inlassablement comme le résume sa biographie « Pour que la mémoire ne s’efface pas comme le numéro sur mon bras”. Je l’avais rencontré début 2025, peu avant le 80ème anniversaire de la libération d’Auschwitz : https://www.rfi.fr/fr/europe/20250127-albrecht-weinberg-survivant-d-auschwitz-et-infatigable-t%C3%A9moin

Albrecht Weinberg avait décidé fin janvier 2025 de rendre la Croix du Mérite que l’Allemagne lui avait décerné. Il entendait par là protester contre l’adoption d’une résolution sur l’immigration au Bundestag présentée par les chrétiens-démocrates et adoptée avec les voix de l’extrême-droite.

Lettre d'Allemagne

Par pascal thibaut

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